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Comment cultiver la pomme de terre, un tubercule de grande importance économique?

La pomme de terre est cultivée pour son tubercule qui entre dans l’alimentation de la population. Elle peut être consommée sous forme bouillie, de chips ou de frites. La culture de la pomme de terre en Guinée et partout ailleurs est assez sollicitée par les agriculteurs et les bailleurs de fonds qui veulent se lancer et investir dans cette spéculation de grande importance économique.

Fiche technique : Culture de la pomme de terre

II. Fiche technique : Culture de la pomme de terre au Cameroun

Voici pour vous une fiche technique pour se lancer et réussir la culture de la pomme de terre.

II.1. Conditions écologiques de la culture

II.1.1. Température

L’optimum de température pour la pomme de terre se situe entre 15 et 25°C. Les températures supérieures à 29°C arrêtent la tubérisation.

II.1.2. Besoin en eau

La pomme de terre demande de l’eau à toutes les époques de sa végétation surtout durant la phase de tubérisation. Ses besoins en eau sont de l’ordre de 500 à 600 mm.

II.1.3. Besoins en lumière

La formation des tubercules est directement influencée par la luminosité. L’ombrage est donc à proscrire absolument.

II.1.4. Besoins en sol

La pomme de terre demande des terres profondes, saines, riches et bien drainées. Elle pousse bien en terres sableuses ou humifères. Elle préfère les terres à pH acide, de 5 à 6,5.

II.1.5. Besoins en altitude

En région tropicale, la pomme de terre ne pousse bien qu’au –dessus de 800 m, entre 800 et 1800 m d’altitude en général. En –dessous de 800 m, sa production diminue fortement.

L’agriculteur doit donc choisir le terrain suivant les conditions écologiques de la pomme de terre décrites ci-dessus.

II.2. Quelles sont les principales variétés de pomme de terre au Cameroun ?

II.2.1. Les variétés locales

Ils ont des performances limitées bien qu’adaptées aux conditions du milieu.

II.2.2. Les variétés améliorées

A haut rendement telles que : Cardinal (tubercule ovale, peau rouge, résistance à la sécheresse), Cipira (tubercule arrondi, peau blanche, tolérance aux mildious, sensibilité à la bactériose), Diamant (tubercule long, peau claire et lisse, résistance aux nématodes et à la sécheresse), Désirée (tubercule allongé, peau rouge, clair jaune), Tubira, Spunta, Bydand, Rubinata, Adora, Manon, Noisette, Duchesse.

II.3. Culture de la pomme de terre

On rencontre plusieurs aires de culture possible de tubercules en Guinée : les grandes zones de production se situent dans les régions de la Moyenne Guinée (Fouta) avec plus de la moité des agriculteurs qui s’intéressent à cette culture.
Il est conseillé d’utiliser les tubercules germés au préalable car avec les tubercules non germés, la levée est irrégulière, le cycle végétatif plus long et les risques de pourritures plus importants.

II.3.1. Comment pré-germer les semences ?

Les tubercules à pré-germer doivent avoir une grosseur moyenne, être bien sains, la peau doit être lisse, sans blessures et sans traces de moisissure et comportant au moins deux yeux. S’ils sont trop gros, on les fragmente et on imprègne la surface blessée avec la cendre de bois pour éviter la pourriture. On peut également les traiter avec les fongicides.
Pour une bonne pré-germination, les tubercules sont placés dans des clayettes ou étagères à claire-voie disposées dans un local frais, aéré et lumineux. Ces tubercules sont disposés côte à côte sur une seule couche avec les germes tournés vers le haut. L’incubation est d’autant plus rapide que la température est proche de 20°C, et qu’elle se fait à l’obscurité. La température et l’humidité de l’air favorisent la germination.

II.4. Comment se fait la préparation du terrain ?

Elle doit se faire avant l’arrivée des premières pluies.

Commencer par défricher, puis dessoucher et enfin ramasser les débris végétaux et les placer hors de la parcelle que vous allez mettre en culture, ne pas enfouir les débris végétaux. Effectuer un labour de 25 à 30 cm de profondeur ; casser les mottes de terre ; ameublir le sol. Il est préférable de procéder au billonnage pour les raisons suivantes : la profondeur de la plantation sera respectée et homogène ; il permet d’éviter les inondations dans certains endroits du champ ; il limite la propagation des maladies (mildiou du tubercule, flétrissement.) l’écartement des billons sera de 80 cm à 1m selon les variétés. La hauteur du billon ou butte sera de 20 à 30 cm.

II.5. La fertilisation

La pomme de terre aime beaucoup plus la potasse. Utiliser le type de mélange et à la dose définie ci-dessous pour 1 ha :

  • 500 kg de …
  • 200 kg de …
  • 3 tonnes de …

L’application se fera dans un sillon créé au dessus du billon à une profondeur de 10 à 15 cm de façon à maximiser la disponibilité des engrais ; une fois l’épandage effectué, mélanger ces fertilisants dans le sillon à l’aide d’une houe ou pièce de bois. Ceci pour éviter un contact direct entre le tubercule et l’engrais. Le mélange est mis en fond et la deuxième dose d’azote en couverture.

II.6. La plantation

II.6.1. Antécédent cultural

Pas de culture de solanacées depuis 3 ans (ces plantes sont : pomme de terre, tomate, morelle noire, poivron, piment, aubergine…). Eviter que deux tubercules se suivent dans la rotation. Préférer une jachère ou tout a moins d’autres plantes appartenant à une famille différente de celle de la pomme de terre.
La plantation se fera suivant la disponibilité du sol en eau. Le mode de culture est plus pur, c’est-à-dire qu’aucune autre plante que la pomme de terre n’est cultivée dans la parcelle ; l’écartement est de 25 à 40 cm entre les plants sur la ligne ; il faut 2000 kg de semences/ha ; la densité de culture est de l’ordre de 25000 à 50000 plants/ha ;
La profondeur du semis est de 7 à 10 cm. Il existe des calibres de pommes allant de 20 à 55 mm. Préférer les calibres compris entre 28-35 mm.
La levée de la pomme de terre a lieu à environ 3 semaines après semis.
Utiliser toujours des variétés adaptées dans votre zone et demandées par le consommateur.
Il est également conseillé de disposer chaque année de nouvelles semences
Bon à savoir :
Les gros calibres pèsent beaucoup (nombre faible de tubercules) au kilo. Néanmoins, ils donnent plusieurs germes par tubercule et le taux de multiplication par plant est élevé. Aussi, ils résistent mieux aux intempéries.

II.7. L’entretien des plants en champ

II.7.1. Le désherbage

Maintenir au maximum le champ et les alentours propres. Le désherbage peut être manuel ou chimique (en utilisant les herbicides). L’utilisation des herbicides n’exclut pas les travaux aratoires.

II.7.2. Le buttage

Il a lieu un mois après la plantation ou bien lorsque les plants ont 15 à 20 cm de hauteur. Un deuxième est effectué 2 mois après la plantation. Ce buttage se fait à l’aide d’une houe et consiste à prendre de la terre dans le sillon et à la remettre au pied du plant. Le but de cette opération est d’assurer la bonne nutrition des plantes ; d’assurer l’initiation et le développement des racines et des stolons ; de maintenir les stolons dans le sol pour l’initiation et le grossissement des tubercules ; d’éviter le verdissement des tubercules ; de protéger les tubercules contre les maladies et les ravageurs.

II.8. Lutte contre les maladies et les ravageurs

La pomme de terre a 2 grands types de maladies :

II.8.1. Les maladies non systémiques

Ce sont les maladies de contact. Les plus fréquentes sont : mildiou, alternariose, fusariose, gale, rhizoctone brun, … la plus rependue en Guinée est le mildiou (phytophtora spp).

Plus d’infos sur le mildiou ici ==> https://www.facebook.com/notes/agrofast-guin%C3%A9e/alerte-maladie-le-mildiou-/155727698638483/

II.8.2. Les maladies systémiques

Ce sont celles qui circulent dans la plante. Elles sont les plus dangereuses dans la dégénérescence des plantes de pomme de terre. Une plante malade ne produit que les tubercules malades.
Les bactérioses
Nous distinguons le flétrissement bactérien et la jambe noire. La plus dangereuse ici est le flétrissement bactérien causé par Pseudomonas solanacearum. Les symptômes observés sont :

  • La plante flétrit entièrement.
  • Les tubercules laissent sortir des yeux un exsudat blanc.

Les méthodes de lutte sont les suivantes : utiliser les variétés résistantes, faire une bonne rotation, utiliser les semences saines, éviter les basses altitudes, pratiquer l’épuration, lutter préventivement contre les vecteurs de ces maladies (ex. nématode), adopter une prophylaxie (bac de désinfection, nettoyage des outils souillés,…
La contamination peut s’effectuer par le sol, les semences, l’eau de ruissellement, le contact entre racines, le manque de prophylaxie.

Les viroses
Les symptômes observés sont : enroulement des feuilles, mosaïques, nécroses ou une combinaison de ces symptômes.

Les méthodes de lutte sont les suivantes :

  • Utiliser des semences saines ;
  • Pratiquer l’épuration ;
  • Lutter contre les vecteurs de ces maladies (pucerons, aleurodes, cochenille farineuse).

II.8.3. Les insectes et ravageurs

Les ravageurs sont divers : insectes, nématodes, oiseaux et rongeurs.
Les traitements insecticides : …
Pour les vers gris et les taupins, un traitement du sol est préconisé, utiliser un insecticide granulé au semis. L’association à un nématicide est possible.
Pour la lutte contre les rats et les oiseaux, des pièges et un cordon sanitaire d’environ 5 m sont préconisés .
Pratiquer également un bon buttage.
Bon à savoir :

  • L’épuration consiste à arracher (avec tubercule mère, tige, racines, stolon et même avec la terre) toute plante avec ses deux voisins présentant des symptômes de maladies systémiques (flétrissement, virose);
  • Les plants hors types, ainsi que celles susceptibles d’être porteuses de maladies latentes sont également identifiés et extraites du champ.
  • L’épuration se fait immédiatement après avoir vue les premiers symptômes et se poursuit tout au long du cycle de végétation de la plante.
  • Les plantes arrachées seront jetées loin du champ.
  • Le défanage consiste à détruire la partie aérienne ou fanes de la plante avant la maturité complète.

Les buts de l’opération sont les suivants :

  • Permettre la cicatrisation, la tubérisation et l’adhérence de la peau sur le tubercule limitant les écorchures lors des manipulations. Arrêter l’évolution des maladies (mildiou, virose). Dissuader les ravageurs.
  • Le défanage se fera deux semaines avant la récolte : par arrachage à la main en évitant de sortir les tubercules du sol.
  • Chimiquement, on utilise les défanants de contact.

II.9. La récolte

Les rendements sont très variables, en fonction des variétés et des conditions de la culture : 7 à 14 tonnes à l’hectare sont les rendements moyens en culture d’altitude. Toutefois, on peut atteindre 15 à 20 tonnes et même plus.
La récolte se fait 15 jours après le défanage. Elle consiste à détruire le billon pour récupérer les tubercules et se fait plant par plant.

  • Il faut récolter d’abord les plants sains ;
  • Éviter d’utiliser les outils tranchants risquant de blesser les tubercules ;
  • Éviter de récolter dans la pluie car cela favorise les pourritures.

II.10. Le tri

Le tri consiste à mettre de côté tous les tubercules malades ou susceptibles de porter la maladie ainsi que tous les tubercules blessés ou matières inertes (mottes de terre et débris végétaux).

II.11. Le calibrage

Il consiste à classer par taille les tubercules récoltés. Son but est de mettre en place des lots uniformes de façon à adapter les prix aux calibres, il est plus économique de faire le calibrage en champ lors du ramassage.

II.12. Le stockage

L’aptitude d’un lot au stockage dépend des conditions de culture et la rigueur dans le contrôle des maladies. S’assurer que les tubercules ne sont pas mouillés. Il faut bien nettoyer le magasin ; désinfecter à l’aide d’un fongicide de attendre 3 jours avant d’y apporter les pommes. Les conditions favorables pour un bon stockage sont :

  • Absence des sources de lumière qui favorisent le verdissement des tubercules ;
  • Présence d’une ventilation constante pendant le stockage ;
  • Les températures assez faibles sont préconisées ;
  • Pas de lots trop épais qui favoriseraient la surchauffe des pommes de terre.

II.13. Opérations lors du stockage

  • Effectuer une surveillance et un tri régulier des tubercules pourris ou blessés ;
  • Protéger les tubercules des ravageurs, par des grilles de protection sur les ouvertures de ventilation.
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