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Mamadou Maladho DIALLO, l’agriculture une véritable passion.

« DES DIFFICULTÉS, ON LES RENCONTRE TOUJOURS, LA GALÈRE ON N’EN PARLE PAS, MAIS CE QUI EST PLUS IMPORTANT, C’EST……. »

Agrofastgn : Présentez-vous à nos lecteurs?

Je m’appelle Mamadou Maladho Diallo. Je suis née dans le village de DJARI préfecture de Labé (Guinée). Marié et père d’une fille.

 Agrofastgn: Parlez-nous de votre parcours académique!!

Je vais commencer d’abord par mon enfance. J’ai grandi dans le village de DJARI où mon père était enseignant. Très tôt j’ai été orphelin de père, donc j’ai grandi avec ma mère, mais avant que mon père ne décède on avait juste à côté une exploitation agricole, car il faisait partie d’un groupement (Groupement Agricole de DJARI). Il faisait des cultures maraîchères  et pendant la saison hivernale, il produisait du maïs.

Après sa mort nous y sommes restés avec mon grand frère qui est aujourd’hui en train de faire son doctorat .On faisait de l’agriculture petit à petit après l’école coranique. J’ai fait une partie de l’école primaire à DJARI, l’autre à TOUNTOUROUN.Mon papa était enseignant donc on l’affectait beaucoup et à tout moment. J’ai eu mon BEPC au collège  DJARI, il n’y avait pas de lycée donc j’étais obligé de venir en ville, chose qui a été très difficile pour moi, parce que je ne voulais pas quitter ma mère. C’est ainsi que je suis venu à Conakry précisément à Hamdalaye et c’est au lycée Donkaque j’ai étudié. J’ai eu la chance de rencontrer une brave dame ‘Madame Nènè Fouta’ qui était notre proviseur, elle nous a aidé à avoir une bibliothèque chose qui  m’a permis d’avantage de renforcer ma capacité intellectuelle. J’ai fini mes études en 2010 en Lettres modernes à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia.

Agrofastgn : Après les études, quel a été votre premier emploi?

Après ma formation, j’ai eu un stage à Guinéeculture.org qui travaillait avec L’Harmattan Guinée. De là j’ai commencé à travailler à l’aéroport, mais je me suis rendu compte que travailler pour soi était plus important. Donc j’ai commencé à faire de la production de pastèques à Dubréka. J’y connaissais déjà une famille qui était des propriétaires terriens.    Vers les mois de Février et Mars j’ai remarqué qu’il y’avait suffisamment d’eau à Dubréka tandis qu’il n’y avait pas de pastèques à Conakry. Dès lors j’ai décidé d’en produire. Un investissement de 3 millions m’a rapporté 8 millions en 3 mois. Vu la rentabilité, j’ai diversifié en faisant la tomate, le gombo et du maïs aussi.

À travers nous, beaucoup de jeunes ont voulu le faire parce qu’ils ont  vu que c’était rentable.

À un moment donné, je me suis retrouvé avec beaucoup d’argent, c’est en ce temps que j’ai vu un appel d’offre de formation en France, intitulé « Francophonie Nouvelle Economie & Développement Durable »   qui coûtait  4 mille euros. Pour y aller, il fallait présenter un projet d’étude et j’ai choisi un projet dénommé : «ESPOIR JEUNE » qui consiste à mettre en placeun centre de production (animale et végétale) et d’incubation pour la formation en technique culturale etcommercialisation des produits agricoles.J’ai donc envoyé et ils m’ont accepté. Après ma formation à Jean Moulin à Lyon en France j’ai soutenu sur la micro finance.                                                                    A mon retour j’ai lancé la coopérative « Partenariat des Jeunes pour le Développement Durable P.J.D.D » avec des amis pour mieux s’organiser et avoir une facilité d’accès aux crédits qui est le levier du développement durable.

Agrofastgn : Quelles variétés de cultures faites-vous actuellement ?

Nous sommes au total sur quelques choses de 65 hectares. Nous produisons beaucoup de variétés. Cette année on a eu 15 tonnes de riz, et nous sommes en train de préparer du poivron, de la tomate, le maïs et des carottes.

Nous faisons d’autres activités en parallèle comme la formation des jeunes qui veulent se lancer dans l’agriculture, donc nous les soutenons et nous les aidons à avoir du foncier pour travailler.

Agrofastgn: Parlez-nous des difficultés que vous avez rencontrées?

Des difficultés, on les rencontre toujours, la galère on n’en parle pas mais ce qui est plus important c’est que nous n’avions pas lâché.

Le problème de toute personne dans ce secteur d’activité c’est le problème foncier. Aujourd’hui les jeunes veulent travailler mais ils n’ont pas de compétences techniques, pas de capital c’est à peu près tous les problèmes que j’ai eu. Mais comme vous le savez, j’ai un diplôme en lettres modernes, je ne suis pas agronome, c’est lorsque j’ai voulu travailler dans l’agriculture et que j’ai vu que c’est rentable alors j’ai directement constitué un groupe avec mes amis qui s’appelait le « Collège d’ingénieur » donc le problème technique était résolu. On a ensuite passé un bail avec une famille qui était propriétaire terrien et petit à petit ça marchait, parce qu’on a pas lâché prise. Sans oublier le facteur d’eau aussi qu’il faut avoir à tout moment pour produire. Et la dernière difficulté ce sont des gens mal intentionnés qui mettent du feu sur votre culture et cela fait très mal.

Agrofastgn : Comment faites-vous pour vendre vos différentes productions ?

Aujourd’hui en Guinée les hôtels, les restaurants sont nos principaux clients sans oublier aussi l’émergence d’une classe moyenne, donc le besoin existe. Il y’a beaucoup de guinéens qui peuvent s’acheter des fruits et des légumes que nous produisons, c’est une énorme opportunité qu’il faut saisir.

Relevé dans la rubrique modèle de réussite.

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